3.7.22

 Titres :

Les femmes qui crient ont toutes la même voix

ou bien :

Vous savez comment sont les femmes !

sous titre : collage sans collagène.

Fais ci fais ça fais celle

  

à lire dans le livre rouge

·        Almanach des dames, ou description de ce qu'il y a de plus curieux dans les moeurs et la figure des femmes

·        Almanach des demoiselles

·        Almanach des Grisettes

·        Almanach des demoiselles de Paris, ou calendrier du plaisir

·        Almanach des filles à marier

·        Almanach des Françaises célèbres pour leurs vertus, leurs talens (sic) ou leur beauté

  

Femmes (condition des femmes ) (sociologie)

 Chez les vertébrés, la femelle est moins robuste et moins bien armée pour la lutte que le mâle, dont elle doit subir l'ascendant. Dans l'humanité la loi générale se vérifie, mais, au moins dans les sociétés grossières encore, les effets en sont bien plus cruels ; la sujétion de la femme est alors bien autrement dure que celle des femelles d'animaux et elle l'est d'autant plus que la race ou le groupe ethnique sont moins dégagés de la primitive sauvagerie. []

Chez les races encore mal dégagées de l'animalité, la femme est triplement utile, passagèrement comme instrument de plaisir, toujours comme bête de somme, parfois, en temps de disette, comme aliment de réserve.

Dictionnaire des sciences anthropologiques 1877 ?

 

 Fais-ci fais ça

Fais celle

Qui sans laisse

à pas comptés

Fais celle qui goûte et dégoûte

Ne Fais pas celle qui se tait

 

Fais-ci fais ça

Ne fais pas celle

Qui caille dans la peau de son lait

Qui onctue en parallèle

Pour ne pas se laisser mater

 

Le corps féminin doit viser par le sport la plénitude de la jeunesse, une autorité, une grâce que l’exercice incorpore à son profil. Les exercices féminins doivent permettre l’aisance du geste et de l’allure et s’attache à développer la moitié inférieure du corps. Le but du sport chez les femmes reste celui d’un développement individuel mais aussi de les rendre aptes à jouer leur rôle dans les destinées du pays, France avant tout, d’être capables de perpétuer et d’embellir la race34.

De la même manière, Luc Durtain lie les exercices physiques à la destinée providentielle des femmes et à la race : (Femmes et activités physiques sous le régime de Vichy : politiques et enjeux médicaux

Women and sports activities in Vichy France : politics and medical issues Fatia Terfous

  Fais-ci fais ça

Ne les laisse pas faire

Te mettre main aux fesses

fers aux pieds

Fer aux mains repasser leurs chemises

Fer à cheveux qui te défrise

Fer à cheval pour te dompter


A.B.C. d’éducation physique féminine (par Ebba Champetier de Ribes) p41

  « Quand vous vous promenez dans la rue, observez d’abord les autres femmes et les autres jeunes filles !

Vous serez étonnée de constater que presque toutes cambrent exagérément les reins…

Contractez alors les « muscles fessiers » et contrôlez la position de votre bassin. Pensez que la rue est pleine de femmes qui ont lu notre ABC et qui vous observent sans arrêt (pour ne pas parler des hommes)

Si vous croisez une jeune sportive dans la rue, et qui s'est entraînée convenablement depuis des années, retournez-vous, (cela vaut la peine,et elle ne sera d'ailleurs pas vexée !) Regardez sa démarche libre et jeune, il n'y a rien devant, ni derrière ! et pensez que son allure et sa beauté ne sont que peu de choses à côté de sa santé, qualités qu'elle a acquises parce qu'elle a eu le courage de s'exercer.
Et n'oubliez pas qu'il n'est jamais trop tard pour commencer !

 

 

Dans la Révolution nationale, la famille et les mères occupent une place centrale. Les dirigeants du régime de Vichy prônent la réhabilitation d’un « éternel féminin1 » et comme sous la Troisième République, la natalité est considérée comme un enjeu national, patriotique et politique2. Des chercheur·es ont montré les décalages entre les ambitions du maréchal Pétain et les réalités notamment en ce qui concerne le domaine de la famille et la natalité3. Mais dans les travaux concernant les lois genrées de la guerre4 figure avant tout la fonction domestique et reproductive défendue par les dirigeants et les médecins solidaires du pouvoir. Entre 1940 et 1944, avec le soutien de l’État français, l’ordre des médecins s’institutionnalise5. Les médecins, qui deviennent alors les principaux artisans de la Révolution nationale, détiennent un monopole quant au savoir sur les femmes, les assignant à la sphère privée, au rôle de mère et de génitrice6.

Femmes et activités physiques sous le régime de Vichy : politiques et enjeux médicaux

Fatia Terfous

Sois ci Sois ça

Car sinon ça ne se fait pas

Carcinome de la peau de ta voix

Cancer du saint avec son auréole

son bâton et sa sainte croix


Madame la Comtesse est bien lasse

Mais n'en laisse rien paraître

toujours tirée à 4 épingles

tailleur Chanel numéro cinq

à cinq heures de l'après midi

chignon gris assorti aux perles

et napperon sous ses gri gri

Elle sait que le devoir d'une femme

Est de rester fraîche et dispose

Afin que son époux guerrier

De retour des affaires

Ne subisse aucune contrariété

 

 

Enfin, à l'exception de ces mégères qu'on voyait entourant l'échafaud et qui sont indignes du nom de femmes, les citoyennes montrèrent beaucoup de courage et d'humanité ; quant aux femmes de la noblesse, elles payèrent souvent de leur tête les opinions, les erreurs ou les crimes de leur mari, et affrontèrent l'échafaud avec intrépidité et quasi avec enthousiasme.

Encyclopédie de la Révolution

 

  Sois si, sois ça

Ne sois pas

belle du saigneur et du contremaître

Un peu pute un peu rebelle

Un peu crécelle mais surtout sois-toi

 

 Femmes Publiques. (Encyclopédie de la Révolution)

Elles étaient en grand nombre dans Paris et se promenaient surtout aux alentours du Palais-Royal et dans la Rue Saint-Honoré. En 1793, on proposa de les déporter, attendu "qu'elles corrompaient les jeunes gens, et au lieu de les rendre vigoureux et dignes des anciens Spartiates, elles n'en faisaient que des sybarites

  

Dis ci dis ça

D’ailleurs

Ne te couche pas

sur tes principes

N'obéis pas

Comme un chien

à la voix de son maître

une chienne qui met bas

Bas de soie cela va sans dire

Bas de l’âme qui bat de l’aile

Ange mineure, qui va là ?

  

FEMME : personne du sexe féminin : les salaires des femmes devraient en principe être égaux à ceux des hommes // épouse, compagne de l'homme : se promener avec sa femme. // Personne qui est nubile : La voilà bientôt femme. Bonne femme, femme d'un âge avancé. Chercher femme , chercher à se marier. Chercher la femme : Pour comprendre la conduite d'un homme, cherchez le  mobile passionnel (l'origine du mot est incertaine)P. 3612 Larousse encyclopédique en couleurs

féminin : qui est propre à la femme, physiquement ou moralement : la grâce, la sensibilité féminine.  

 

 Madame la Comtesse a préparé

Pour le délassement de son cher vouvoyé

Un journal plein de bonnes nouvelles

bourbon glacé / bain chaud salé

Elle fait de chaque jour une fête

Et pourtant elle a tant à penser

Ses châteaux ses cocktails ses toutous

et ses œuvres de charité

 

 Mets ci mets ça,

tu ne seras pas la dernière

A asseoir ton derrière dans la neige

Dresser tes seins vers le ciel froid

Poser muse pendant des heures

Pour faire frémir tous ces p’tits gars

Pour faire frissonner leur sadisme

Caché sous leur voyure de toi

Met ci mets ça

Ton voile ou ta minijupe

Ton corps ne t’appartient pas

Pas plus que tes chats de sorcière

Pas plus que ta chatte à poil ras

Ton visage qu'on dévisage

à l'aulne que tu vaux bien ça

 

Mets ci mets ça

Leur niqab ou leur pantalon

Talons hauts pour faire la guerre

Talons aiguille pour faire des affaires

Rester féminine quoi qu’elle en soit

Mets ci mets ça

In/Forme-toi, lâche les brides

Leurs fantasmes ne te concernent pas

 Comment faut-il s’habiller pour l’Education physique et pour le sport ?

 

·        Almanach de la Galanterie sans apprêts

·        Almanach de nos grandes Femmes

·        Almanach des célèbres françaises

·        Almanach des cocottes

·        des coquettes

 

Crois ci crois ça

Ravale ton amertume, ta façade et ton chapeau

Ecarte lèvres et noires pensées

panse tes plaies de scorpiojelle

Enfante-toi douceur de vivre

Speculum et joyeuse à la fois

Sois belle ne suis pas les critères

les canons et les falbalas

Crée ta mode invente-toi

Sois belle écris taire ne pas taire

Quand il te plaît Ne la ferme- pas !

 

A moins que le son de ta voix

ne soit Du miel à leurs oreilles,

de la vigueur pour leur en-bas

Et que ça aussi, ça te va

 

 Les femmes ont en effet bien compris que la voix était un instrument de domination, explique le magazine Usbek & Rica. Ainsi, depuis le milieu du 20ème siècle, la fréquence fondamentale de leur voix a chuté de 23 Hz, selon une étude menée par l'University of South Australia. D'après la sociologue Anne Karpf, elles n'auraient guère le choix. Par exemple dans le milieu de la télévision, sauf à "être exceptionnellement belles", les femmes qui décrochent un poste ont rarement la voix haut perchée.

 Une autre étude réalisée auprès d'électeurs confirme l'importance de la voix. Ils votent ainsi plus volontiers pour le candidat qui a la voix la plus grave, les sonorités basses étant associées au leadership. A l'inverse, les voix aiguës des femmes sont considérées comme attirantes, sauf à la radio où elles doivent s'exprimer avec une voix soufflée et basse. Les voix les plus graves, homme comme femmes, recueillent ainsi 20 % de plus dans les sondages. Là encore, elles sont associées à la compétence, la force ou encore l’honnêteté. En France et aux Etats-Unis, les deux femmes qui se sont présentées au poste suprême en ont été pour leurs frais. La voix d'Hillary Clinton était jugée comme trop stridente ou impassible. Et lors du débat entre deux-tours, Nicolas Sarkozy a gagné le duel lorsqu'il a intimé à Ségolène Royal, qui montait dans les tours, de "garder son calme et ses nerfs". 

 non ! je ne me calmerai pas !

 La voix joue aussi sur la rémunération. Selon une enquête menée auprès de 792 cadres hommes dans des entreprises américaines, ceux dont la voix était la plus grave gagnent en moyenne 187000 dollars de plus que ceux qui ont une voix plus aiguë, et leurs missions sont également plus intéressantes.

 La nature aidera peut-être les femmes à gagner, un jour, le même salaire que les hommes : alors qu'elles sont de plus en plus grandes, leurs cordes vocales s'étirent et leur tessiture baisse

 

 Vois ci, vois ça

Baisse les yeux cache ta joie

Parle à ton cul même si ta tête ...

 

Vieillis seule dans ton fût de chêne

Sur ton coulis de feu de bois.

 


 Constamment sur la défensive

C'est aux femmes que je demande de l'aide

Il est possible que nous ayons remplacé notre goût des livres par le goût des moulinets

Que devons-nous faire ? Comment devons-nous penser, et agir ?

Quelles légendes et quelles histoires devons-nous convoquer pour avoir moins peur ?

Quelles figures de style et quelles oeuvres vivantes pouvons-nous convoquer pour éviter le mur ?

Quelle issue à ce labyrinthe ?

(Geneviève Brisac)

 

 Rêves-tu encore d'être hôtesse

de l'air d'accueil ou de bar à tapas ?

 

Gloria Steinem Ma vie sur la route

 Le développement des voyages d'affaires changea la donne. Les hôtesses se transformèrent en serveuses séduisantes, dont on attendait un comportement de geisha. Il y avait même des vols "spécial cadres" réservés aux hommes avec steaks, brandy et cigares qu'elles leur allumaient. Elles étaient toujours censés maîtriser les gestes des premiers secours et mémoriser les procédures d'évacuation de 75 types d'avions, être capables de sauver une personne en train de se noyer, connaître les signaux d'urgence et la conduite à tenir en cas de piratage, et bien d'autres choses qu'elles apprenaient au cours d'une formation de 6 semaines, sans parler de la gestion des passagers et des techniques d'évitement des gestes déplacés.

 

L’ombre d’un doute qui s’installe

Dans le sens de tes interdits

 

·        Almanach des honnêtes Femmes pour 1790

·        Almanach des jolies Filles

·        Almanach des loisirs de l'amour

·        Almanach des Muses

 

Peu à peu révert et versibles

le doute de l’Hombre maître maestro

 

Gloria Steinem Ma vie sur la route

 Cependant désormais, elles devaient également répondre à des critères physiques précis. Leur taille, leur poids, (contrôlé régulièrement ...)

 

·        Almanach des plus jolies femmes du Paris-Egalité

·        Almanach du beau sexe, ou apologie des dames

·        Almanach du Trou-Madame

·        Almanach nouveau des Citoyennes actives de Paris, consacrées aux plaisirs de la République

 

Qué perfume de flor de cuchilla

 

Fais Dis Crois Vois Mets Suce et Lèche

Fais Dis Crois Vois Mets Lapsus et Lèche

Fais Dis Crois Vois Mets LAPPE Suce et Lèche

Assignée à résilience

depuis le berceau et l'enfance

même avant qu'ils t'accordent une âme

un droit de vote et un chéquier

 

·        Anti-Titus ou la critique

·        de la mode des cheveux coupés pour les femmes

·        Apologie du beau sexe

·        Apologie du silence en amour

 

 Le silence n'est même plus à toi

Asli Erdogan p.142

  

et même si tu deviens obsolète

et que tes seins aussi s'assèchent

coachée et modelée du corps

Bats-les tous ces impératifs funestes

Balaie toutes ces imprécations manifestes

 

En résumé, la femme a été d'abord traitée en animal domestique, puis en esclave, puis en servante, puis en mineure. Cette gradation est d'ailleurs instructive : elle marque évidemment une direction, un lent travail d'égalisation et d'émancipation, qu'il est permis de ne pas considérer comme terminé. Sans doute le brusque octroi des droits politiques à la moitié féminine de l'humanité serait aujourd'hui une grosse imprudence, que châtierait sûrement un grave mouvement de réaction. Plus faible en général que son compagnon de toutes les manières, la femme porte en outre l'empreinte d'un long servage, qu'une éducation plus large, plus virile, doit tendre à effacer. [...]Déjà d'ailleurs un petit nombre de femmes distinguées ont réussi à forcer l'entrée des carrières supérieurs jusqu'ici exclusivement réservées aux hommes. Bien plus, dans une grande nation européenne, en travail d'enfantement, nous voyons bon nombre de femmes déployer des qualités plus que viriles. Nulle propagande émancipatrice ne saurait valoir celle-là.

 

Dictionnaire des sciences anthropologiques (Entrée : FEMME) Dr CH Letourneau 1889

 

Fais Dis Crois Vois Mets Lappe Suce et Lèche

Pense-toi sans l'ombre d'un doute

Prends la route, va seule au café

mets dans ton sac à dos

le léger

ne porte pas plus lourd

que ce que tu peux porter

Enfourche ton plumeau,

mets des elles

sur tous les ils

qui te barrent- toi

Ne te fais pas mal mais bats-toi

Crocodelle Ne Croise pas les bras

sois la harpie féroce, la Reine acariâtre,

sois celle que le temps n’arrête pas

  

N'empêche

Madame la con-tâsse est bien lasse

Elle voudrait se laisser aller

Dire des gros mots, se curer le nez

Ne plus jouer au bridge

avec ce connard de curé

Mais se laisser aller vers où ?

elle est née avec ce port de tête

Ne peut se permettre de flancher

Quant à "passer" elle n'est pas prête

D'ailleurs à ce propos une question l'embête

"Y a t'il un savoir vivre après la mort ?"

 

 MarieBipe Redon avril 2022

 

21.12.21

Je suis couchée dans mon moyen lit, dans la petite maison de la campagne. J'ai laissé la fête dans la maison d'à côté. Trop de bruit. Trop de lumière. Un monde compact et enfumé. Trop d'artifices. Dans mon lit donc, je broie un peu du noir, gris souris en fait, la lune à son poste, rondouillarde,éclaire la nuit. Je broie un peu de gris, compte quelques moutons, essaie de trouver le bon côté de la situation,je ne suis pas festive, on me l'a assez dit.

Respirer profondément Retrouver mon calme.

Quelques craquements normaux résonnent dans le silence, la maison est pleine de planchers distordus, de cloisons bancales, les matériaux travaillent jour et nuit. Pas de trêve pour les matériaux.

Des pas dans le grenier, pas de quoi fouetter le chat qui se promène sans doute, la région en est infestée ; c'est le terme consacré lorsqu'ils ne sont pas de la maison. La charpente est fourrée de loirs. Qu'ils se débrouillent. Ce doit être un gros chat me dis-je entre deux moutons, car les pas sont lourds.

Soudain dans mon moyen lit, je me tétanise, aplatie de peur au fond des draps. Moi qui rêve toujours de dormir à la belle étoile dans une forêt, je révise à la baisse mes fantasmes et essaie de me raisonner tandis qu'au-dessus de ma tête résonnent toujours de drôles de présences.

La seule chose à faire pour ne pas mourir, me sermons-je, c'est d'aller voir. De qui sont ces pas lourds qui tapent sur ma tête ? Quelques minutes passent. Il fait chaud dans ce moyen lit et si je ne respire plus, peut-être que la chose va s'en aller, ou en tous cas s'endormir, et moi avec. Je vérifie, il ne me reste que quelques moutons.

Bon je me lève, l'action ça a du bon, me convaincs-je, après que la marche ait repris.

Je gravis précautionneusement les marches comme pour apprivoiser ma peur, les escaliers, la chose. Lui faire comprendre que je ne viens pas en conquérante, qu'il doit y avoir moyen de trouver un compromis.

Plus que quelques marches, j'ai le coeur qui ne bat plus, je ne sais plus où il est, j'avance comme un canard sans tête.

Je pousse la porte : elle a mal, elle fait gzzzzzzzz et j'entends : NOOOOON !  PAS MAINTENANT !

Mes cheveux se dressent exactement comme il est dit dans les livres, je ne cherche pas plus loin, j'ai compris que j'étais indésirable, je redescends tout aussi précautionneusement que j'étais montée.

Je me recouche dans mon lit moyen, je mets mes boules Quiès et m'endors avec quelques chèvres, j'avais épuisé les moutons.

Au son du volcan

 Au son du volcan, ma mère prenait feu. On arrivait trop tard de Tarquinia et les petits chevaux de dés, tombaient de sommeil dans leur box. Une prière fantôme égrenée dans la poussière montait comme un voile vers le penchant du soir, mélancolique, gris, avec des fuselages orangés, les rayons agrippaient les branches comme pour leur faire rendre gorge.

Passé le crépuscule, ma mère s'apaisait aux fourneaux, délaissant sa machine à coudre. Le flux et le reflux la troumentaient encore, mais elle était à marée  basse et ce qui n'avait pas été compris resterait un mystère à jamais.

Un dimanche soir ordinaire.

Le lendemain, l'arbre sera toujours là, tendu vers le printemps.

13.10.21

Chuter pour ne rien dire

 Je suis une pierre et j'ai tué un homme

Alors quelqu'un a ramassé la pierre et je la porte depuis en pendentif, en gri-gri

 De quelle pierre suis-je le nom ?

Tellement concentrée en grains serrés et grenus dans les plaines et les déliés de mes méninges enflammées ?

Par un souvenir génétique

De quelle pierre de volcan endormi suis-je la lave vellave ?

Je m'achemine à pas crissants vers la fin de ma vie magnifique, effleurant de ma démarche tordue tous les cailloux-cochons qui ont fait trébucher mon allant naïf et confiant.

Chuter pour ne rien dire

Casser.

La jambe de ma mère

Les dents surtout

Des heures entières la bouche ouverte, à laisser s'affairer les ferrailles, les limailles, les gargouillis,

avec ma bouche offerte au cri muet, tandis que mes esprits volaient avec les étourneaux de la place au-dessus des platanes, s'absentaient du trou embué de salive, les gencives lisses, le sourire décarnassié.

un pont de pierre au milieu d'un virage

un caillou dépassant du chemin et moi regardant mes traces, déjà vers l'arrière,


 "mé oune mé dos mé tres, mé claou

tolle bardole dzindzin fournaou"

 

Choisir une pierre pour le voyage, pour le chagrin, pour la fatigue, pour la peur, pour la douceur. L'offrir pour que soit caressé au fond d'une poche le lisse de sa couleur et le souvenir évaporé de celle qui l'a donnée. Un jour la ramener au pays de ses ancêtres, dans son berceau, là où elle manque et met en péril l'équilibre de la terre qui ne serait qu'un seul pays. Mais qui penche, qui penche. Petit Poucet à l'envers.

15.9.21

Une chanson d'ange d'il y a longtemps

 Elle était chez moi comme chez elle

une être ange de mes amies

Sous sa peau fine comme des engelures

battait le sang de l'essentiel

Je sentis dans mon corps aptère

pousser les ailes du désir de

m'envoler avec elle

Mais ce n'était pas la peur

 

De ce jour unique et précis

de temps d'espace temps réunis

Ne peuvent naître que des galaxies

 

Entre nous il y eut des tremblements de terre,

du volcanisme, des raz de marée

Psychopompes et nécromobiles se mobilisèrent

Et quand toutes les étoiles eurent filé

Elle me dit qu'elle souhaitait quitter la terre, sans bruit

Retourner vivre parmi les éphémères

le reste de sa nuit d'été

Je me sentis lourd, sourd, gourd

Plus pataud que l'albatros de Baudelaire

Plus inutile que du temps perdu

Les vannes de mon coeur lâchèrent

Coulant mon âme à pic dans un trou noir

Nécropompes et psychomobiles se désintéressèrent

Et quand toutes mes larmes eurent séché

Je partis vivre en terre étrangère

Rejoindre les créatures ailées

 

Zélé, je ne le suis plus guère

Bientôt je n'y penserai plus qu'avec nostalgie

En m'étonnant pourtant, d'être sans elle, sans ailes

et encore en vie

visite d'un jardin remarquable